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L'Europe finit en baisse, lourdes pertes dans la "tech"
information fournie par Reuters 05/06/2026 à 18:21

Le graphique de l'indice allemand des prix des actions DAX à la bourse de Francfort

Le graphique de l'indice allemand des prix des actions DAX à la bourse de Francfort

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé en baisse vendredi, dans un contexte d'aversion renouvelée à l'égard du secteur technologique ‌américain et alors que s'accumulent les signes annonciateurs d'une politique monétaire plus restrictive de la part des banques centrales du monde entier.

L'absence de progrès vers la paix au Moyen-Orient a également contribué à miner le moral des opérateurs.

À Paris, le CAC ​40 a perdu 0,32% à 8.218,24 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,69% et à Londres, le FTSE 100 a grappillé 0,07%.

L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,63%, le FTSEurofirst 300 0,27% et le Stoxx 600 0,25%.

Sur la semaine, le Stoxx 600 a abandonné 0,50%, tandis que le CAC 40 a pris 0,43%.

Les Bourses ont eu du mal à trouver un point d'ancrage vendredi, la vague de ventes chez les fabricants de puces ayant freiné les indices au cours ​de la séance, dans le sillage de la tendance déjà observée en Asie et à Wall Street.

Le déclencheur a été cette fois-ci le groupe américain Broadcom, qui a simplement confirmé mercredi ses perspectives, alors que le marché, habitué à des chiffres spectaculaires en pleine euphorie autour de l'IA et à une succession de records, ​s'attendait à mieux.

"Le problème n'est pas que la demande en matière d'IA ait disparu, mais que les attentes soient ⁠devenues extrêmement élevées, et même de bons résultats ne suffisent plus à moins que les prévisions ne continuent de s'améliorer", dit Charu Chanana, stratège investissements chez Saxo.

La situation géopolitique et ses répercussions sur la politique monétaire ‌ne sont pas non plus de bon augure pour les Bourses.

Les investisseurs ne savent toujours pas à quoi s'attendre quant aux perspectives de paix au Moyen-Orient, surtout après que le Hezbollah a rejeté jeudi le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, qui était considéré comme une étape préalable à un accord plus large entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à leur ​conflit et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Tout semble donc indiquer que l'inflation restera au coeur des préoccupations ‌des banques centrales, qui se réuniront dans les prochains jours, avec une première hausse des taux de la BCE largement attendue par les opérateurs jeudi prochain.

Aux ⁠États-Unis, le marché du travail devrait passer au second plan, compte tenu des chiffres solides publiés vendredi après-midi, ce qui laissera à la Réserve fédérale (Fed) toute latitude pour lutter contre la flambée des prix.

Les marchés estiment désormais à 98% la probabilité que la banque centrale américaine relève ses taux d'intérêt avant la fin de l'année, contre près de 60% avant la publication des données.

"Ce rapport est une bonne nouvelle pour l'économie américaine, mais il ne laissera aucune marge de manoeuvre au ⁠nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, pour s'aventurer ‌sur la rhétorique des baisses de taux", écrit Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché chez IG France.

VALEURS

Le secteur technologique du Stoxx 600 a chuté de 2,83% vendredi, enregistrant, après celui des ⁠matières premières (3,27%), la plus mauvaise performance sectorielle de l'indice paneuropéen.

ASM International, ASML et BESI ont reculé d'entre 2% à 4,3% à Amsterdam, Infineon et Siltronic ont plongé d'environ 9% chacun à Francfort et STMicroelectronics et Soitec ont abandonné environ 6% à ‌Paris.

Air France-KLM a perdu 1,22% au gré d'un changement de recommandation de Barclays, le courtier ayant abaissé sa recommandation à "sous-pondérer" contre "pondération en ligne.

A WALL STREET

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones recule ⁠de 0,41%, le Standard & Poor's 500 de 1,28% et le Nasdaq Composite de 2,30%.

Les actions du secteur technologique sont dans le rouge pour la troisième séance ⁠consécutive (-3,47%) et l'indice Philadelphia SE Semiconductor plonge de plus de ‌6%.

Broadcom cède 5,2%, Nvidia, 4,8% et Intel 7%.

LES INDICATEURS DU JOUR

Outre le rapport sur l'emploi américain, principal rendez-vous macroéconomique du jour, les investisseurs ont pris connaissance des chiffres définitifs sur l'activité économique de la zone euro, qui ont été révisés ​à la baisse pour faire apparaître une contraction de 0,2% du PIB, contrairement aux estimations précédentes, qui montraient une légère croissance.

En France, ‌le déficit commercial s'est établi à 5,640 milliards d'euros à fin avril, tandis que la production industrielle a enregistré une hausse surprise de 0,1% en avril, selon les données publiées vendredi.

CHANGES

Le dollar s'apprécie de 0,48% face à un panier de devises de référence après la publication ​des chiffres de l'emploi aux États-Unis, qui témoignent de la bonne santé de la première économie mondiale.

Le yen, affaibli davantage par la hausse du billet vert, cède du terrain à 160 pour un dollar, un seuil qui a déclenché des interventions des autorités japonaises par le passé.

L'euro perd 0,55% à 1,1545 dollar.

Le bitcoin recule de plus de 4% à 60.889,30 dollars, s'orientant vers une baisse hebdomadaire d'environ 15%, la plus forte depuis novembre 2022.

TAUX

Les rendements des bons du Trésor ⁠américain bondissent vendredi, les chiffres sur le marché de l'emploi américain renforçant les anticipations d'une hausse des taux d'intérêt par la Fed dans le courant de l'année.

Le rendement des Treasuries à dix ans prend 6,3 points de base à 4,5403% et celui du titre à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, grimpe de 10,6 à 4,1554%, atteignant son plus haut niveau depuis 15 mois.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a pris 1,5 point de base à 3,0389%. Son homologue de l'obligation à deux ans a progressé de 3,4 points de base à 2,6925%.

PÉTROLE

Le flou diplomatique au Moyen-Orient maintient les prix du brut à des niveaux élevés, malgré leur baisse de vendredi, les deux principaux contrats étant sur le point d'enregistrer leur première hausse hebdomadaire depuis la mi-mai.

Le Brent recule de 1,65% à 93,46 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) baisse de 2,43% à 90,78 dollars.

A SUIVRE ​LE 8 JUIN : [L8N42C15Q]

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá)

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